Rentrée et séparations liées
La rentrée, cette période parfois pénible tant pour les adultes (*) que pour les enfants, selon leur sensibilité et tempérament. Ceux-ci auront peut-être pris d'autres habitudes, nous disposions de plus de temps pour eux tout en étant moins de stressés. Pour les enfants, la rentrée, que cela soit à l'école, en milieu d'accueil ou de garde, est souvent synonyme de nouveauté et d’anxiété liée. De nouveaux adultes, locaux, le groupe et son appartenance, les nouvelles matières, routines 1 et attentes liées ...
Leurs repères et habitudes de vacances vont donc à nouveau être ébranlés. Cela a bien sûr aussi du positif vu que cela sert déjà d'entrainement aux capacités d’adaptation futures de l'enfant. Pour autant, il sera important de l’accompagner à vivre ces changements de manière fluide et bienveillante afin que l'adaptation se fasse de la manière la plus sereine possible, tant pour les adultes que pour les enfants. Pour ce faire, nous recommandons à nouveau de favoriser la connexion et le sentiment de sécurité de l'enfant. En outre, il sera favorable à l'enfant qu'il soit entouré de personnes compréhensives afin de passer ce cap de la manière la plus saine possible. Comprendre les besoins de l'enfant est primordial pour pouvoir faire preuve d'empathie et donc agir de manière éclairée durant les moments plus compliqués.
Comportements risquant de se manifester plus fréquemment chez les enfants lorsqu'ils se sentent en insécurité émotionnelle. Il s'agit de signes, ce n'est en aucun cas un échec de votre part et cela est d'ailleurs également valable dans d'autres situations comme par exemple un changement d'habitudes ou l'interaction avec certaines personnes (adultistes notamment) :
-Résistance/opposition ;
-Irritabilité ;
-Peur/besoin de proximité accru ;
-Agitation ;
-Rigidité/contrôle ;
-Difficulté de sommeil.
---> l'enfant pourrait donc sembler traverser une période de régression. C'est bien normal vu que toute son énergie sera focalisée sur son adaptation aux changements et à pallier l'insécurité parfois liée. Il est donc tout aussi important pour vous dans cette période de pouvoir faire preuve d'un maximum d’empathie en prenant soin de votre propre bien-être. Ainsi nous deviendrons son refuge vers lequel il pourra trouver la sécurité et autres ressources nécessaires à cette adaptation.
Nous ne recommandons bien évidemment pas d'accepter tous les comportements indésirables des enfants en restant impassibles (= laxisme) ni de vouloir les corriger et/ou 'faire plier' votre enfant à tout prix (= autoritarisme, contrôle excessif). L'idée préconisée ici est de regarder au delà des comportements pour comprendre nos enfants, les rassurer et les accompagner à l'intégration de comportements acceptables. Plus vous allez les accompagner de manière bienveillante à traverser ces phases de changement, à se sentir en sécurité et donc connectés à une figure d'attachement rassurante, plus ils s'y adapteront vite et pourront plus tard, lors des grandes étapes de leur vie, faire preuve de résilience.

Dans le cas de la petite enfances, les séparations du matin sont en outre souvent compliquées. Il est alors tentant d’utiliser certaines formules pour rassurer nos enfants ('ne pleure pas', 'ne sois pas triste', ...). Or, il est important pour l'enfant de valider et de reconnaître ses émotions afin que lui-même puisse les identifier et surtout les accepter facilement. La tristesse fait partie de nos vies, elle a aussi ses fonctions (trouver des solutions, innover, s'apaiser, s'adapter, ... ) et pourtant certains adultes ayant subi des pressions et craintes, parfois dès la naissance pour ne pas pleurer, ont trop souvent tendance à ne pas y faire face et utilisent alors des moyens variés, peu efficaces, voire malsains ou illégaux, pour décharger cette tristesse.
Exemples de formulations à préconiser au moment de partir :
- Je comprends que tu sois triste. J'aimerais aussi que l'on reste ensemble mais je dois partir travailler. On se reverra tout à l'heure2 et on se racontera nos journées (il faudra véritablement prendre ce temps d'échange, même pour les tout petits) ;
- Tu vas bien t'amuser, faire ... avec ..., et nous, on se retrouve très vite et je te ferai un gros câlin (ou autres actions voulues de part et d'autre).
Votre enfant sera probablement triste de vous quitter. Cela ne signifie bien évidemment pas qu'il le sera toute la journée en votre absence. C'est une manière de tenter de maintenir la proximité le plus longtemps possible avec sa figure d'attachement et donc son sentiment de sécurité. Son cerveau est programmé pour résister face à la nouveauté et à l'inconnu (pensez-y, cela devrait faire sens pour vous dans d'autres situations de vie de votre famille ). De son point de vue, même si le 'plan A' était le plus souhaitable, cela ne signifie pas dire que le 'plan B' (garderie, crèche, école bienveillante) soit détestable .
* Pour ce qui est des adultes, mis à part le fait qu'il nous faut en général plus d'énergie pour pouvoir agir de manière éclairée face aux comportements indésirables de nos enfants durant ces phases de changement, la rentrée en elle-même pourrait également être une source de tensions. Reprise d'un rythme effréné, séparations parfois douloureuses, tensions au travail (nous pensons ici particulièrement à tous ces métiers rendus de plus en plus pénibles au quotidien et aux réformes qui mettent à mal certains secteurs déjà bien trop appauvris), situations familiales tendues etc. Nous vous recommandons dès lors de prendre soin de vous également en cette période de rentrée.

Courage à vous tous et n'hésitez pas à faire le point sur votre propre bien-être afin d'ajuster éventuellement certains paramètres (voir affiche ci-contre, disponible sur demande en PDF) à analyser éventuellement lors d'un TEF.
1. A propos de la routine du sommeil, ne pas oublier d'adapter de manière progressive l'heure du lever et du coucher. Une différence trop brutale induira plus facilement des troubles du sommeil et donc du comportement liés. Il est dès lors recommandé d'avancer son heure de réveil (le plus impactant) tous les deux à trois jours de 10 à 15 minutes.
2. Se focaliser sur les 'retrouvailles' et donc le côté attendu par l'enfant peut d'ailleurs être un bon moyen de communiquer lors d'autres séparations compliquées dont le sommeil fait partie.
Sources :
Sarah Hamel - Psychoéducatrice spécialisée en petite enfance et parentalité ;
Héloïse Junier - Docteure en psychologie de l'enfant.