Parentalité éclairée pour une société épanouie
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Éclairages et outils pour faire face aux comportements non voulus des enfants

Pour faire face à un comportement non voulu, il s’agira tout d’abord d’identifier et d'analyser le problème, c’est parfois le plus complexe. En effet, ce n’est pas nécessairement évident car la conséquence (le comportement donc) est parfois assez éloignée de la cause l'ayant provoquée. Il est donc souvent important de se mettre un temps d'arrêt pour souffler et observer l'enjeu. Cette pause permettra parfois de prendre du recul quant au comportement en le relativisant. De fait, certains comportements indésirables ne sont en réalité que des comportements normaux et sains d’enfants et deviennent problématiques dans un contexte donné (tensions, poids social, collectivité, ...). Souvent par contre le besoin des (allo)parents est aussi réellement légitime et il faudra donc trouver une solution qui répondra aux besoins de tout le monde.

Explications à tous les comportements non désirés d’un enfant - ... et des (allo)parents :

1. une habilité non acquise : pouvoir marcher vite/longtemps/sans s’arrêter pour explorer, ne pas se manifester durant les micro-réveils, une inhibition pas suffisamment développée, habilité sociale immature, continence en développement, manque de maturation intellectuelle, …

--> Il s’agit alors de faire preuve de patience et de conscience par rapport au développement de l’enfant. Dans le cas d’habilités pour lesquelles nous pouvons favoriser une évolution saine, il est important de mettre en place des moyens pour favoriser leur développement (voir outils ci-dessous*).

2. un besoin non satisfait : bouger, dormir, manger, être soigné, rassuré, reconnu, recevoir de l’affection, de la proximité, besoin d'autonomie, d'apprendre (ils sont 'programmés' pour cela), de reconnaître et d'accepter ses émotions (pas toujours leurs conséquences!), de se sentir en sécurité, besoin de calme, ...

--> Il s’agit alors de répondre au besoin (ou expliquer pourquoi nous n’y répondrons pas de suite afin de le valider) et s’y adapter, en changeant sa posture face à la situation (voir outils ci-dessous*). Il est d’ailleurs intéressant de faire le parallèle avec nous, adultes, qui avons pourtant un cerveau déjà formé pour reconnaître cela. Qui peut se targuer de n’être jamais de mauvaise humeur la faim au ventre, malade, en pleine canicule ou en manque de sommeil ?


Certains adultes utilisent la punition, ou son corolaire, les récompenses, pour essayer de corriger ‘les caprices’, ‘bêtises’1 ou autres ‘mauvais comportements’. Or, punir va uniquement servir à juguler le comportement problématique sur le court terme et à aider l'(allo)parent à se sentir mieux en se déchargeant. Mais les effets négatifs, eux, peuvent continuer à se faire ressentir jusqu’à l’âge adulte, et les problématiques liées à l’apprentissage, aux comportements ou à la relation adultes-enfants peuvent, elles, apparaître très vite.

L'"éducation" ne consiste donc pas à réprimer ou se faire craindre des enfants mais à les accompagner vers l'intégration de comportements adéquats afin de vivre leur vie d’adulte de manière autonome tout en faisant preuve de résilience. Nous sensibilisons pour ce faire à un style éducatif qui va poser des limites claires tout en reconnaissant l'enfant dans sa globalité physiologique et psychologique (ses émotions, son cerveau encore immature, son organisme en construction, ses besoins) et en prenant aussi en compte, et c'est tout aussi primordial, la situation et les besoins des (allo)parents

*Parmi ces outils et techniques ‘éclairés’ en réponse aux comportements non désirables, nous recommandons celles-ci, à choisir bien évidement en fonction de la situation et du développement psychomoteur de l’enfant :

• Montrer l’exemple de ce que nous attendons, nous sommes les guides et modèles de l’enfant ;
• Les conséquences directes, proportionnelles et bienveillantes. Par exemple ranger (avec lui selon son âge) ses jouets après une 'crise'1, ou faire une bonne action envers une personne à qui il aurait fait de la peine et/ou confisquer l’objet avec lequel il aurait tapé/fait des dégâts. Nous recommandons, au début, d’accompagner l’enfant dans cette réparation, le dialogue y ayant une place essentielle, cela le responsabilisant ;
Ignorer le comportement indésirable une fois explicité en veillant à la sécurité. Par exemple si une décharge émotionnelle est nécessaire, si l’enfant est fatigué, malade, etc. (système cérébral émotionnel ou de survie du cerveau déjà activé), il s’agit souvent de la seule solution efficace et bienveillante à la fois. L’option d’offrir du temps et de la distance si l’enfant a subi trop de stimulations et a besoin d’un retour au calme en douceur est parfois aussi pertinente ;
• La créativité : les jeux, l’humour, les histoires. Par exemple se transformer en un animal ou personnage spécifique choisi par la dyade (allo)parents-enfants pour expliquer la situation ou le conflit à résoudre ;
• Le changement d'approche grâce à une attention à la communication, choix du vocabulaire et l'importance de l'anticipation. L’utilisation de locutions particulières montre une efficacité remarquable tout en évitant les effets délétères des menaces et récompenses. Exemples : 'Une fois que ta chambre sera rangée, nous pourrons jouer à ce jeu, quand tu as fini de passer l'aspirateur, dis le moi et je lance le dessin-animé/film', dès que ton pyjama sera mis nous pourrons lire ce livre', ...
• L’utilisation de l’écoute active et du dialogue (voir deux explications sous-jacentes ci-dessus). Exemple, valider son besoin d’explications afin de se sentir en sécurité ou son émotion/sentiment désagréable (peur de ne pas réussir, sentiment d’injustice, jalousie, tristesse, colère, joie intense, honte, frustrations liées à leurs limites d’enfants…) et tâcher d’y répondre. Cela lui permettra de s’apaiser, tout en communiquant et en échangeant à ce sujet avec l’enfant, en fonction de son âge et de ses capacités bien sûr. En fonction de la maturité de l’enfant cela peut même conduire à un échange sur les outils et/une réflexion sur les solutions ;
Exprimer son ressenti afin de développer son empathie par la communication non violente (CNV) : 'je me sens triste, fâchée, j’ai peur quand.... cette personne a eu mal, a ressenti cela, car ton geste a provoqué cela…’ ;
• Le changement de situation ou de contexte, par exemple, changer de pièce, sortir, le porter, changer de sujet, tout en explicitant à l’enfant ce qui n’a pas convenu ;
• L’offre de différents choix pour résoudre certaines situations (potentiellement) problématiques. Il est aussi possible de diriger les choix avec un peu de créativité. Par exemple, dire ‘c’est normal en fait que tu n'arrives pas à ceci/cela, ce sont les grands qui sont capables de faire cela’(=le comportement souhaité) ;
• Quand l’enfant est en épisode de colère et traverse donc une 'crise'1, il peut être très utile de le laisser exprimer sa colère (ou autre émotion) en sécurité : crier, pleurer, sauter, faire du sport ou taper dans un objet réservé à cet usage. Ces mécanismes naturels de soulagement du stress et leur efficacité souvent spectaculaire ont déjà été étudiés. Une technique efficace venue d’Asie est la contraction de tous les muscles du corps plusieurs fois de suite afin de libérer les tensions.

Et de manière préventive il est à noter qu’un enfant qui se sent physiquement et émotionnellement en sécurité et reconnu dans ses besoins aura moins souvent des comportements non voulus. Il peut donc être efficace d’instaurer certaines routines afin de les sécuriser tout en prenant en compte les besoins de la famille dans son ensemble. Des moments spécifiques d’échanges et de dialogues en fin de journée ont par exemple déjà montré leur efficacité, ainsi que le fait de pouvoir relâcher les tensions ou émotions naissantes (pleurs, cris, rires, activité physique). Toutes ces solutions en amont permettent de responsabiliser l’enfant quant à ses actes, si son âge le lui permet bien évidemment, de l’apaiser et donc de renforcer son assise mentale.

Jouer finement sur la prévention de certains comportements est également souhaitable lorsque nous savons que, temporairement, nous ne pourrons que très difficilement accepter tel ou tel comportement. Ceci est surtout valable pour la petite enfance.

Exemples :

• dissimuler un objet délicat/problématique/source potentiel de problème ;
• occuper l’enfant, le stimuler physiquement ou intellectuellement lors des moments risqués (voyages, courses, salles d’attentes, …). Pour ce faire, garder des jouets joker en cas de besoins (conversation téléphonique importante, long trajet, ...) ;
• créer un environnement adapté à leurs besoins afin de les rendre autonomes Exemples : porte-manteau, escabeau, nourriture et ustensiles, coussin, tapis, ... ;
anticiper tout nouvel événement en l’explicitant clairement à l’enfant pour éviter l’effet de surprise et l’éventuel sentiment d’insécurité corrélé ;
• soumettre des choix quand c’est possible ;
limiter les interdits, ordres et consignes à ce qui est essentiel. Les enfants étant déjà confrontés, dans nos pays industrialisés, à énormément de contraintes et de frustrations quotidiennes. Exemple : au lieu d'interdire à un bambin de jouer dans la cuisine, sécurisez la zone et donnez-lui des ustensiles adaptés afin qu'il puisse explorer et développer ses compétences exécutives librement (idem pour un bébé apprenant à se mouvoir). Au lieu d’imposer à un enfant de jouer dans sa chambre car vous devez travailler par exemple, expliquer lui plutôt pourquoi vous allez vous retirez dans la vôtre quelques temps.

Vous l’aurez compris, l’éducation et la parentalité éclairée comprennent des méthodes et postures pouvant être perçues comme exigeantes pour l’adulte, d'autant plus quand il n’y a pas été habitué. Certes cela fera ressortir le meilleur de votre famille mais cela demandera aussi plus de patience, d’énergie et de compétences (anticipation, organisation, observation, créativité, ...) à l’adulte, du moins au début. Adulte qui est bien souvent déjà fragilisé, isolé et sous pressions. Nous proposons via ce type éducatif une marche à suivre vers laquelle tendre. Il ne s’agit en aucun cas de fustiger les écarts ou de culpabiliser les parents qui auraient recourt, de temps à autres, à d’autres méthodes ou attitudes. Par contre, en communiquant à l’enfant ce qu’il s’est passé et en s’en excusant (montrer l’exemple), en respectant vos propres besoins et en montrant à votre enfant que vous n’êtes tout simplement pas parfait mais humain, vous renforcerez aussi son apprentissage. Cela participera à sa propre résilience et préservera aussi la santé de la famille dans son ensemble.

Par contre si les ‘écarts’ deviennent plus régulier et que vous ne vous reconnaissez plus dans votre style parental, il faudra peut-être envisager de se faire aider ou tout du moins interroger ses propres besoins, sa santé et la situation dans son ensemble.

1. Ceux-ci sont en réalité les conséquences d'un manquement ou bien simplement un comportement sain et normal d'enfants, incompris ou inaccepté sur le moment-même par l'adulte sous tension ou vivant lui-même une situation compliquée.

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